Guide détecteur de mouvement résidentiel — choisir, brancher, régler
Comprendre, choisir et installer un détecteur de mouvement : technologies PIR/micro-ondes, indices IP, câblage, réglages et cas pratiques.

Un détecteur de mouvement coûte entre 8 et 80 euros selon le modèle, mais le vrai sujet n’est pas le prix : c’est l’adéquation entre le capteur, l’usage et le lieu. Un PIR posé trop haut perd 60 % de sa portée utile. Un IP54 mis face à la pluie battante prend l’humidité en six mois. Un détecteur 2 fils branché en série sur une LED dimmable scintille en permanence.
Ce guide couvre les huit points qui décident d’une installation qui tient dix ans : technologie du capteur, type d’usage, indice IP, géométrie de pose, schéma de câblage, réglages des potentiomètres, cas particuliers (animaux, multi-détecteurs), et arbitrage solaire/filaire. Les chiffres correspondent à des plages mesurées sur du matériel grand public courant — toujours vérifier la fiche du fabricant pour le modèle précis que vous installez.
Comment fonctionne un détecteur de mouvement (PIR vs micro-ondes vs hybride)
Trois technologies dominent le marché résidentiel : PIR (infrarouge passif), micro-ondes (radar Doppler), et hybride (les deux capteurs en série logique).
Le PIR : capteur pyroélectrique et lentille de Fresnel
Un détecteur PIR ne « voit » pas le mouvement, il voit une variation de chaleur infrarouge dans son champ. Un humain à 36 °C qui passe devant un mur à 18 °C crée un delta thermique que le capteur traduit en signal. La lentille de Fresnel devant le capteur découpe la scène en zones de détection — d’où la sensibilité aux déplacements latéraux et la faiblesse face aux mouvements droit vers le capteur.
Portée typique : 8 à 12 mètres pour les modèles résidentiels muraux, jusqu’à 20 m sur certains projecteurs LED extérieurs. Angle horizontal : 90° à 180° pour les modèles muraux, 360° pour les modèles plafonniers. Consommation en veille de l’ordre du milliwatt — utile à savoir pour un modèle sur pile.
Avantages : consommation faible, pas d’émission, prix bas, mature. Inconvénients : sensibilité à la température ambiante (un PIR détecte mal au-dessus de 30 °C, le contraste thermique humain/environnement s’écrase), aveugle derrière une vitre (le verre commun bloque l’infrarouge lointain au-delà de 5 µm), faux positifs sur les flux d’air chaud (ventilation, radiateur soufflant).
Le micro-ondes : radar Doppler
Le capteur émet une onde radar (typiquement 5,8 GHz, parfois 10,5 GHz) et mesure la fréquence du signal réfléchi. Si un objet bouge dans le champ, l’effet Doppler décale la fréquence retour et le capteur déclenche. L’onde traverse le verre, certaines cloisons fines en placo, et n’est pas affectée par la température.
Portée : 6 à 15 mètres en intérieur, plus selon la puissance d’émission. Avantages : insensible aux courants d’air, fonctionne à travers une vitre fine ou une cloison placo de 7 cm, détection omnidirectionnelle (le radar ne dépend pas de l’orientation comme la lentille PIR). Inconvénients : consommation plus élevée que le PIR, faux positifs sur la pluie battante ou les arbres qui bougent au vent, perméabilité aux mouvements dans la pièce voisine (vrai souci en logement collectif).
L’hybride PIR + micro-ondes
Les deux capteurs en série logique : le détecteur ne déclenche que si PIR ET micro-ondes voient quelque chose en même temps. Résultat : quasi-zéro faux positif. Utilisé sur les alarmes premium et certaines lampes haut de gamme. Coût : 30 à 50 % plus cher qu’un PIR seul. Pertinent pour les zones à enjeu (entrée principale, garage, sas vers la rue) et inutile pour un éclairage de couloir intérieur où un faux déclenchement n’a aucune conséquence.
Pour aller plus loin sur le choix par usage, voir nos détecteurs autonomes et alarmes.
Les 3 familles d’usage : éclairage extérieur, éclairage intérieur, autonome avec alarme
Le choix d’un détecteur dépend d’abord de ce qu’on veut allumer ou déclencher. Trois familles couvrent 95 % des besoins résidentiels.
Éclairage extérieur : projecteurs LED, lampes solaires, hublots avec détection intégrée
Un détecteur extérieur est presque toujours intégré à l’éclairage : projecteur LED avec PIR sur le boîtier, lampe solaire d’applique murale, hublot de garage avec détection embarquée. Les contraintes : IP65 minimum si exposé à la pluie, plage de fonctionnement -20 °C à +50 °C, et idéalement une lentille avec masque amovible pour limiter le champ (éviter de déclencher sur le trottoir public ou la voiture du voisin).
Les modèles solaires combinent un panneau monocristallin de 5 à 20 W, une batterie LiFePO4 ou Li-ion de 1500 à 6000 mAh, et un détecteur PIR. Autonomie réelle : 6 à 8 heures par nuit en été, 2 à 4 heures en hiver dans la moitié nord de la France, selon l’ensoleillement de la journée. Voir notre catégorie éclairage extérieur.
Éclairage intérieur : couloirs, escaliers, dressings, caves
Cibles : zones de passage où chercher l’interrupteur dans le noir est pénible ou impossible (mains chargées). Plafonniers à détection 360°, applique d’angle, ou détecteur encastré dans un boîtier d’encastrement standard 67 mm relié à un point lumineux existant.
Pour un long couloir ou un escalier, on pose deux détecteurs en parallèle (voir section câblage). Pour une cave ou un local technique où l’on reste immobile, prévoir une temporisation longue (3 à 5 minutes) car un PIR ne détecte plus un occupant immobile. Voir la catégorie éclairage intérieur.
Détecteurs autonomes avec alarme
Cibles : surveillance d’un local, dissuasion, alerte sur intrusion. Soit le détecteur émet directement une sirène 90-110 dB (modèles tout-en-un sur pile), soit il envoie un signal radio à une centrale d’alarme (433 MHz, Zigbee, Z-Wave, Wi-Fi). Certains modèles ajoutent un module de notification smartphone via passerelle Wi-Fi.
Autonomie sur pile : 1 à 3 ans selon la fréquence de déclenchements et la technologie de communication (Zigbee consomme beaucoup moins que Wi-Fi direct, qui rallume le module radio à chaque événement). Vérifier le protocole supporté avant d’acheter, surtout si une centrale existe déjà à la maison.
Indices IP44, IP54, IP65, IP67 — savoir lequel choisir pour son installation
Le code IP (Ingress Protection) est défini par la norme CEI 60529. Deux chiffres après IP : le premier (0 à 6) note l’étanchéité aux solides et poussières, le second (0 à 9) note l’étanchéité aux liquides. Plus c’est élevé, plus c’est protégé.
IP20 et IP44 : intérieur sec et zones peu exposées
IP20 : protection contre les doigts qui touchent les pièces sous tension, aucune protection contre l’eau. Réservé à un usage intérieur sec — chambre, salon, couloir. IP44 : protégé contre les corps étrangers supérieurs à 1 mm et les projections d’eau venant de toutes directions. Acceptable pour une véranda fermée, un balcon couvert, une salle de bain hors zone de douche.
IP54 : poussière limitée et projections d’eau
IP54 : la poussière peut pénétrer mais pas en quantité gênante pour le fonctionnement, projections d’eau acceptées de toutes directions. Convient pour un porche couvert, une terrasse abritée par une avancée de toit, un garage non chauffé. Insuffisant pour une façade exposée à la pluie battante portée par le vent.
IP65 : étanche aux jets d’eau
IP65 : totalement protégé contre la poussière, résistant aux jets d’eau basse pression de toutes directions. C’est le standard pour un détecteur ou un projecteur en façade extérieure exposée. Acceptable sous la pluie, le vent, et le nettoyage au jet d’arrosage (éviter le nettoyeur haute pression à courte distance).
IP66 et IP67 : jets puissants et immersion temporaire
IP66 : résiste aux jets d’eau puissants, pertinent en bord de mer ou en zone très exposée aux intempéries. IP67 : immersion temporaire jusqu’à 1 m d’eau pendant 30 minutes — utile pour un détecteur installé au ras du sol, en zone inondable ponctuellement, ou dans un environnement agricole humide.
Pour un détecteur de mouvement extérieur résidentiel classique en façade, IP65 est le bon compromis. Au-dessus, on paie de l’étanchéité qu’on n’utilisera jamais. En-dessous, on prend le risque d’une infiltration au bout d’un hiver pluvieux et d’une carte électronique grillée par condensation.
Tableau de décision rapide
- Intérieur sec : IP20 suffit.
- Salle de bain hors zones de projection directe : IP44 minimum.
- Porche, terrasse couverte, garage : IP54 minimum.
- Façade extérieure exposée pluie/vent : IP65 minimum.
- Bord de mer, jardin sans abri, zone fortement exposée : IP66 ou IP67.
Portée, angle, hauteur de pose — les paramètres qui changent tout
La portée annoncée est une portée maximale, pas une portée utile
Un fabricant qui annonce « 12 mètres de portée » mesure cette valeur dans des conditions optimales : cible humaine standard, déplacement latéral à 1 m/s, température ambiante 20 °C, hauteur de pose recommandée, absence de masque. Dans la vraie vie, la portée utile descend de 30 à 50 % : 6 à 8 mètres réels pour une cible qui marche normalement.
La portée chute davantage si :
- La température ambiante dépasse 28-30 °C (le contraste thermique humain/ambiance s’amenuise).
- La cible marche droit vers le capteur (les zones de Fresnel sont dessinées pour le mouvement latéral).
- Un vêtement épais en hiver réduit la signature thermique perçue.
- L’air entre capteur et cible est saturé d’humidité (pluie, brouillard).
- Une vitre se trouve sur le trajet (transparence quasi nulle en infrarouge thermique).
L’angle : horizontal et vertical
L’angle horizontal va de 90° à 360°. Un détecteur mural est typiquement 110° à 180°, un détecteur plafonnier 360°. L’angle vertical détermine la profondeur du cône de détection au sol — c’est ce qui décide à quelle distance le détecteur « voit » les pieds.
Si on veut détecter un piéton à 8 m, il faut que le faisceau plonge jusqu’au sol à cette distance, donc poser le détecteur à la bonne hauteur ET au bon angle d’inclinaison. Un détecteur orienté trop horizontalement détecte loin mais manque les passages près du mur. Trop incliné vers le sol, l’inverse.
La hauteur de pose
Pour un PIR mural extérieur, la hauteur recommandée est de 2,2 à 2,5 m. En-dessous, on détecte mal les zones éloignées (le faisceau ne plonge pas assez). Au-dessus, on perd les zones proches du mur sous le détecteur (angle mort sous l’appareil) et on dégrade la fonction pet-immunity si le modèle en propose une.
Pour un plafonnier intérieur à détection 360°, on est calé sur la hauteur du plafond — typiquement 2,4 à 3 m. Au-dessus de 3,5 m, la portée au sol devient insuffisante et il faut soit un modèle longue portée, soit deux détecteurs.
Réglage final : la marche d’essai
Une fois posé, on règle la sensibilité en marchant lentement en bout de zone (limite de détection souhaitée) puis en s’approchant. On baisse la sensibilité jusqu’à ce que le détecteur ne déclenche QUE quand on dépasse la limite voulue. Tester aux quatre coins de la zone, pas juste droit devant — un PIR peut très bien détecter au centre et rater les bords si la lentille est mal alignée.
Branchement 2 fils, 3 fils, va-et-vient — schémas et règles de sécurité
Avant tout : couper le disjoncteur du circuit concerné au tableau, vérifier l’absence de tension au VAT (vérificateur d’absence de tension homologué), travailler sur un circuit hors tension. Pour un circuit éclairage 230 V, ne pas se contenter de couper l’interrupteur mural — certaines installations anciennes coupent le neutre et laissent la phase présente.
Détecteur 3 fils : le branchement standard
Trois fils côté détecteur :
- Phase (L, généralement rouge ou marron) : arrivée 230 V depuis le tableau.
- Neutre (N, bleu) : retour vers le tableau.
- Sortie commutée (souvent marquée L’, Load, ou un symbole de lampe ; couleur variable) : phase qui repart vers la lampe quand le détecteur déclenche.
Le neutre côté lampe vient directement du tableau, en parallèle. Schéma : la lampe est alimentée entre L’ (sortie du détecteur) et N (neutre direct). C’est le câblage le plus courant et le plus fiable. Compatible avec n’importe quel type de charge (incandescent, halogène, LED, fluo, transformateur).
Détecteur 2 fils : remplace l’interrupteur, pas de neutre disponible
Cas typique : on remplace un interrupteur existant par un détecteur, et le boîtier ne contient pas de neutre (installations anciennes où seule la phase commutée passe). Le détecteur est inséré en série avec la lampe — il faut un modèle conçu pour ce câblage, dit « sans neutre » ou « 2 fils ».
Contrainte : la charge minimale et maximale acceptée est limitée. Beaucoup de modèles 2 fils ne fonctionnent pas correctement avec des LED dimmables ou des LED de faible puissance (sous 20 W cumulés). Symptômes : scintillement, déclenchements parasites, ou lampe qui reste faiblement allumée même éteinte (courant de fuite de l’électronique du détecteur qui alimente une LED juste assez pour la faire luire).
Si vous installez des LED, privilégiez le câblage 3 fils. Si l’installation est ancienne et sans neutre, ajouter un fil neutre depuis la boîte de dérivation la plus proche reste la solution propre — un boîtier d’encastrement supplémentaire et 2 m de gaine sont souvent moins chers qu’un détecteur 2 fils LED-compatible haut de gamme.
Va-et-vient avec détecteur
Pour conserver la possibilité d’allumer/éteindre manuellement (couloir, escalier), on combine le détecteur avec un ou plusieurs va-et-vient. Deux schémas courants :
- Détecteur en parallèle des va-et-vient : le détecteur impose l’allumage automatique, et les va-et-vient permettent de forcer ON ou OFF manuellement. Nécessite un détecteur 3 fils et un câblage propre du commun.
- Détecteur + télérupteur : pour des installations multi-points avec trois commandes ou plus, le télérupteur centralise le signal de commutation. Le détecteur attaque la bobine du télérupteur via une impulsion.
Pour un montage va-et-vient, vérifier que le détecteur supporte l’inversion logique ou l’entrée commande externe. Tous les modèles ne le permettent pas — c’est à vérifier sur la notice avant achat.
Section des fils et protection
Pour un circuit éclairage 230 V protégé par un disjoncteur 10 A : fil de 1,5 mm² minimum. Pour un circuit en 16 A (lampes puissantes ou multi-points) : 2,5 mm². Le détecteur lui-même supporte typiquement 1000 W résistif ou 200 à 400 W LED. La puissance LED max est toujours inférieure à la puissance résistive max à cause du courant d’appel élevé des drivers LED à l’allumage, qui peut atteindre 30 à 60 fois le courant nominal pendant quelques millisecondes.
Réglages courants : sensibilité, temporisation, lux (jour/nuit)
La plupart des détecteurs ont trois potentiomètres physiques (ou réglages via interrupteur DIP, parfois via application smartphone sur les modèles connectés) : SENS, TIME, LUX. Voici comment les régler sans tâtonner.
SENS — sensibilité du capteur
Plage : MIN à MAX. À MAX, le détecteur réagit au moindre frémissement (utile pour couvrir une grande zone, mais déclenchements parasites garantis si un arbre bouge dans le champ). À MIN, il faut un mouvement franc pour déclencher.
Méthode : démarrer à 70 % de la plage, faire un test de marche en bout de zone. Ajuster par paliers de 10 % vers le bas si faux positifs (vent dans les feuillages, voiture qui passe au loin, soleil rasant sur un mur), vers le haut si la détection est trop tardive ou manque les mouvements lents.
TIME — temporisation
Plage typique : 5 secondes à 8 minutes (parfois jusqu’à 15 ou 30 minutes sur les modèles industriels). C’est la durée pendant laquelle la sortie reste active après le dernier mouvement détecté.
- Couloir traversant : 30 à 60 secondes suffisent (on traverse, la lumière s’éteint derrière).
- Escalier : 1 à 2 minutes (laisser le temps de monter, gérer un bagage, ne pas se retrouver dans le noir à mi-parcours).
- Pièce d’usage prolongé (cave, garage atelier, dressing) : 3 à 5 minutes (l’occupant immobile coupe le PIR, mais un bras qui bouge re-déclenche le cycle).
- Extérieur (entrée, allée) : 1 à 3 minutes selon le confort recherché.
LUX — seuil jour/nuit
Plage : du symbole soleil (déclenche jour et nuit, seuil de luminosité maximum) au symbole lune (déclenche uniquement dans l’obscurité, seuil bas). Réglé sur « lune », le détecteur intègre une cellule photoélectrique qui inhibe le déclenchement en plein jour.
Pour un éclairage extérieur, régler sur lune pleine ou proche évite que la lampe ne s’allume au crépuscule trop tôt et n’épuise inutilement la batterie sur un modèle solaire. Pour un éclairage intérieur de couloir sans fenêtre, mettre sur soleil (déclenche en toutes conditions de lumière), sinon le détecteur ne s’active qu’au moment où la lumière du jour baisse côté pièces voisines.
Tester de jour, ajuster de nuit
Astuce courante : mettre temporairement le réglage LUX sur « soleil » pour tester la zone de détection en plein jour. Une fois la sensibilité et la temporisation calées, repasser sur « lune » pour l’usage réel. Sans cette astuce, régler un détecteur extérieur en plein jour est impossible — il ne déclenchera jamais et vous croirez à un défaut matériel.
Cas particuliers : exclusion animaux domestiques, plusieurs détecteurs sur une lampe
Pet immunity — éviter le déclenchement sur le chat ou le chien
Beaucoup de détecteurs PIR proposent une fonction « pet immunity » jusqu’à 25 kg (parfois 12 kg ou 35 kg selon le modèle). Le principe : la lentille de Fresnel est dessinée pour avoir une zone aveugle dans les premiers 30 à 50 cm au-dessus du sol. Un chien qui marche reste sous le seuil, un humain qui passe entre dans le champ supérieur et déclenche.
Limites concrètes :
- Un chat qui saute sur un meuble haut entre dans le champ et déclenche.
- Un grand chien (labrador, berger allemand) dépasse 50 cm au garrot et déclenche aussi.
- L’efficacité dépend fortement de la hauteur de pose. Trop bas, la zone aveugle est trop courte et l’animal passe dedans. Trop haut, on perd la détection des humains près du mur.
Pour une efficacité réelle, un détecteur pet-immunity se pose à 2,2 m exactement, orienté à plat (pas trop incliné vers le sol). Hors de cette plage, l’animal déclenche quand même.
Plusieurs détecteurs commandant la même lampe
Cas : long couloir avec deux extrémités, allée extérieure avec deux accès, escalier multi-niveaux, garage à deux portes. Solution : câbler les détecteurs en parallèle sur la sortie L’.
Schéma : chaque détecteur a son alimentation L/N indépendante. Les sorties L’ des deux (ou plus) détecteurs sont réunies sur le même fil qui alimente la lampe. N’importe lequel des détecteurs qui se déclenche allume la lampe — c’est un OU logique câblé.
Contrainte : la temporisation est gérée indépendamment par chaque détecteur. Si le détecteur A déclenche pour 60 secondes et que le détecteur B déclenche 30 secondes plus tard, la lampe reste allumée tant qu’au moins un détecteur tient son cycle TIME en cours. En pratique : régler la même valeur TIME sur tous les détecteurs pour un comportement prévisible.
Un seul détecteur, plusieurs lampes
Aucun problème tant que la somme des puissances reste sous la limite du détecteur (typiquement 1000 W résistif, 200-400 W LED). Câbler les lampes en parallèle sur la sortie L’. Pour des charges LED nombreuses, vérifier le courant d’appel cumulé — un détecteur LED-compatible 300 W peut tolérer 30 spots LED 10 W chacun en théorie, mais le pic de démarrage cumulé peut faire claquer le triac interne. Si possible, étager les charges sur plusieurs détecteurs.
Détecteur sur prise commandée
Possible mais souvent peu pertinent. Un chargeur qui se coupe toutes les minutes coupe aussi la charge de l’appareil branché — à éviter sur des batteries Li-ion non conçues pour ce profil. À réserver à des cas précis (ventilateur de pièce, chauffage d’appoint déclenché sur passage), pas à un usage électronique quotidien.
Solaire vs filaire — quand chaque solution gagne, quand elle perd
Le solaire gagne quand
- Le passage de câble est impossible ou coûteux (jardin sans cheminement existant, abri de jardin éloigné, mur en pierre épais à percer, terrasse en surplomb).
- L’usage est ponctuel et la consommation faible (lampe d’entrée, balisage d’allée, dissuasion d’angle).
- L’exposition solaire de la journée est correcte (au moins 4 à 5 heures de soleil direct, idéalement plein sud ou sud-ouest, sans masque d’arbre ou de bâtiment).
- L’usage est saisonnier (résidence secondaire utilisée surtout au printemps et en été).
Le solaire perd quand
- L’autonomie demandée dépasse 4 à 6 heures par nuit en plein hiver. Sur un panneau 5 W et une batterie 1500 mAh, l’hiver à Lille ou en Bretagne descend l’autonomie à 1-2 heures par nuit, voire à zéro après une série de jours sans soleil.
- La zone est en exposition nord ou fortement ombragée. Un panneau qui ne charge pas la journée ne donne rien la nuit, indépendamment de la qualité de la batterie.
- L’éclairage demandé est puissant (au-delà de 800 lumens en continu). Les modèles solaires plafonnent en pratique à 1500-2000 lumens en pic, et tiennent rarement cette puissance plus de 10-15 minutes.
- Le froid extrême est régulier. Les batteries Li-ion classiques perdent 30 à 50 % de capacité utile sous -10 °C. Les batteries LiFePO4 tiennent mieux mais coûtent plus cher à l’achat.
Le filaire gagne quand
- Le besoin est continu, puissant, et critique (sécurité périmétrique, voie d’accès, éclairage de travail).
- Une arrivée 230 V existe déjà à proximité ou le passage de câble est simple (gaine apparente, faux-plafond accessible, façade en cours de rénovation).
- L’usage est en intérieur (le solaire n’a aucun sens en intérieur, sauf cas très exotique comme une véranda avec panneau plein sud).
- On veut piloter plusieurs lampes depuis un seul détecteur (impossible en solaire intégré, où chaque unité est autonome).
Le filaire perd quand
- Le coût et la complexité du câblage dépassent le coût d’une solution solaire équivalente. Un projecteur solaire 1200 lumens coûte 40 à 80 €. Un projecteur filaire équivalent + 30 m de câble enterré + tranchée + raccordement : facilement 300 à 600 €.
- L’usage est ponctuel ou décoratif et ne justifie pas le tirage de câble.
- L’installation est en location ou en copropriété avec des contraintes lourdes sur les modifications électriques.
Le pragmatique : mix solaire + filaire
Beaucoup d’installations résidentielles combinent les deux : filaire pour les points critiques (entrée principale, garage, perron, abord du compteur), solaire pour les annexes (allée, jardin, abri à vélo, fond de jardin). Cette logique réduit le coût total d’installation et donne de la résilience en cas de panne secteur — le solaire continue à éclairer la nuit où l’électricité est coupée.
Récapitulatif et prochaines étapes
Un détecteur bien choisi tient sur quatre paramètres : technologie adaptée à l’usage (PIR par défaut, micro-ondes pour traversée de cloison, hybride pour zones sensibles), indice IP cohérent avec l’exposition (IP54 sous abri, IP65 en façade exposée), géométrie de pose juste (hauteur 2,2-2,5 m extérieur, angle correct), et câblage propre (3 fils si possible, neutre disponible surtout pour les LED).
Les réglages SENS, TIME et LUX se font sur site, en testant en bout de zone. Une installation correcte tient dix ans sans intervention. Une installation bâclée scintille, déclenche sur le vent, et finit par lâcher au premier hiver pluvieux.
Pour passer à l’achat, voir la boutique complète, ou cibler directement la famille extérieur, éclairage intérieur, ou détecteurs autonomes avec alarme.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre PIR et micro-ondes ?
Le PIR détecte les variations de chaleur infrarouge — il faut un corps chaud (humain, animal) qui se déplace dans son champ pour déclencher. Le capteur micro-ondes émet une onde radar à 5,8 GHz et mesure la fréquence du signal réfléchi par effet Doppler. Le micro-ondes traverse le verre et les cloisons fines, fonctionne quelle que soit la température ambiante, mais consomme plus et peut déclencher sur des mouvements dans la pièce voisine. En usage résidentiel courant, le PIR couvre 80 % des besoins. Le micro-ondes ou l’hybride se réserve aux zones où le PIR a des limites connues : forte chaleur ambiante, vitre devant le détecteur, exigence anti-faux-positifs élevée.
Quel indice IP pour un détecteur extérieur exposé à la pluie ?
IP65 minimum. C’est le niveau qui garantit l’étanchéité aux jets d’eau de toutes directions, donc à la pluie battante portée par le vent. En-dessous (IP54 par exemple), le détecteur tient en zone abritée mais finit par prendre l’humidité en façade plein vent au bout d’un ou deux hivers. En bord de mer ou en zone très exposée aux intempéries, monter à IP66 ou IP67 pour anticiper les embruns salins et la corrosion accélérée des connectiques.
Peut-on brancher un détecteur sur un interrupteur normal ?
Oui, avec précautions. Si l’on remplace simplement l’interrupteur par un détecteur 2 fils sans neutre, il faut un modèle conçu pour ce câblage et accepter ses limites (compatibilité LED réduite, charges minimales contraignantes, risque de scintillement). Si l’interrupteur est conservé et qu’on ajoute un détecteur en parallèle, on obtient un fonctionnement automatique plus manuel, mais cela demande un détecteur 3 fils avec neutre disponible dans le boîtier. Le câblage 3 fils est toujours préférable quand c’est possible — propre, compatible avec toutes les charges, fiable dans le temps.
Combien d’heures d’autonomie pour une lampe solaire en hiver ?
Variable selon la latitude, l’exposition et le modèle. En moyenne, pour un projecteur solaire 5-10 W avec batterie 2000-3000 mAh installé en France métropolitaine, l’autonomie hivernale réelle se situe entre 2 et 4 heures par nuit en éclairage continu, ou 30 à 60 déclenchements de 30 secondes en mode détection. Les modèles avec batterie LiFePO4 tiennent mieux le froid que les Li-ion classiques. En cas de série de jours gris, l’autonomie peut tomber à zéro pendant 24 à 48 heures. À vérifier sur la fiche fabricant pour le modèle précis — les valeurs annoncées correspondent en général à l’été en plein sud.
Comment empêcher un détecteur de se déclencher sur le chat ?
Choisir un modèle PIR avec fonction « pet immunity » jusqu’à 25 kg, et le poser à exactement 2,2 m de hauteur avec une inclinaison proche de l’horizontale. La lentille de Fresnel pet-friendly crée une zone aveugle dans les premiers 30 à 50 cm au-dessus du sol, ce qui laisse passer le chat ou le petit chien sans déclencher. Un chat qui saute sur un meuble haut peut quand même entrer dans le champ et déclencher — dans ce cas, masquer physiquement une portion de la lentille avec du ruban adhésif noir résout le problème ponctuel sans modifier l’électronique.