Brancher plusieurs détecteurs de mouvement sur une lampe — câblage en parallèle
Câbler 2 détecteurs de mouvement sur une seule lampe en parallèle : schéma, étapes, réglages et limites de la temporisation cumulée.

Un seul détecteur de mouvement couvre rarement bien deux accès distincts. Pour une allée en L, un coin de maison ou un préau avec deux entrées, il faut deux capteurs qui pilotent la même lampe. Le câblage en parallèle des sorties permet ça, à condition de respecter quelques règles. Voici le schéma, le pas-à-pas et les limites à connaître avant de relier deux détecteurs PIR sur un seul point lumineux.
Pourquoi vouloir 2 détecteurs sur une lampe — couvrir 2 axes d’approche
Un détecteur PIR classique a un angle de détection compris entre 90° et 180° et une portée de 8 à 12 mètres selon le modèle. Dès qu’une zone à surveiller fait un angle, présente un obstacle (mur, pilier, haie) ou couvre plus de 12 mètres en ligne droite, un seul capteur laisse des angles morts.
Les cas typiques où deux détecteurs valent mieux qu’un :
- Allée en L entre portail et porte d’entrée, avec un mur de refend qui coupe la ligne de vue.
- Coin de maison où deux façades doivent être couvertes en même temps par la même lampe d’angle.
- Préau ou carport avec une entrée piétonne et une entrée véhicule.
- Couloir intérieur en T desservi par un seul plafonnier automatique.
- Cage d’escalier sur deux niveaux avec un seul point lumineux à mi-hauteur.
Plutôt que d’installer deux lampes distinctes, on garde un seul point lumineux et on multiplie les capteurs. Avantage : un seul circuit d’éclairage, une seule ampoule à remplacer, deux yeux pour la détection. Pour comprendre comment choisir le bon capteur en amont, voir le guide complet détecteurs de mouvement.
Le câblage en parallèle — schéma de principe
Le principe est simple : chaque détecteur reçoit la phase (L) et le neutre (N) en permanence. Chaque détecteur dispose d’une sortie commutée (souvent notée L’, sortie charge, ou « lamp ») qui délivre la phase vers la lampe uniquement quand le capteur déclenche. On relie les deux sorties L’ des deux détecteurs sur le même fil qui alimente la lampe.
Schéma de principe en mode texte :
- Arrivée secteur 230 V : phase + neutre + terre.
- Phase distribuée vers l’entrée L du détecteur 1 ET vers l’entrée L du détecteur 2 (en dérivation).
- Neutre distribué vers le N du détecteur 1, le N du détecteur 2, ET le N de la lampe.
- Sortie L’ du détecteur 1 reliée à la borne phase de la lampe.
- Sortie L’ du détecteur 2 reliée au même fil, donc à la même borne phase de la lampe.
- Terre directe vers la lampe si celle-ci est métallique (classe I).
Conséquence électrique : si le détecteur 1 OU le détecteur 2 déclenche, la lampe s’allume. C’est un OU logique câblé en parallèle des sorties. Aucun des deux détecteurs n’a besoin de savoir que l’autre existe.
Point à vérifier sur la fiche fabricant : la sortie du détecteur doit être de type « relais sec commuté » ou « sortie phase commutée » avec diode de roue libre acceptable en parallèle. Certains détecteurs bas de gamme avec sortie triac n’aiment pas être mis en parallèle directe sur la même charge — le courant de fuite d’un module peut maintenir l’autre allumé. Si la doc mentionne « triac output », vérifier avant d’acheter ou prévoir un relais externe en aval.
Étape 1 — couper, identifier les phases, marquer les fils
Avant toute manipulation : couper le disjoncteur correspondant au tableau, puis vérifier l’absence de tension au testeur (VAT) sur tous les fils accessibles. La consigne NF C 15-100 n’est pas une option — c’est ce qui évite l’arc électrique en cas d’oubli d’un circuit voisin.
- Repérer le disjoncteur du circuit lumière concerné. Le couper. Coller un ruban « ne pas réarmer » sur la manette si plusieurs personnes vivent dans le logement.
- Avec un VAT (vérificateur d’absence de tension), tester la phase à l’arrivée de la boîte de dérivation où va se faire le câblage. Tester phase contre neutre, phase contre terre, puis chaque conducteur contre la terre.
- Identifier les fils. En France, code couleur normalisé : marron ou rouge = phase, bleu = neutre, vert/jaune = terre. Si le bâti est ancien, les couleurs peuvent être incohérentes. Dans ce cas, rétablir brièvement le courant (avec un seul fil dénudé à la fois et tout le reste isolé) pour identifier au VAT, puis recouper et marquer chaque fil au scotch d’électricien étiqueté.
- Marquer L, N, L’ (sortie vers lampe), et les arrivées de chaque détecteur. Sur un schéma papier, dessiner où va arriver chaque fil. Ça évite l’erreur classique : inverser un L’ avec un L et alimenter en permanence la lampe (court-circuit interne du détecteur ou casse du relais).
- Préparer les outils : pince à dénuder, tournevis isolés, dominos ou bornes Wago 221 (recommandées pour les dérivations propres), boîte de dérivation IP55 si l’installation est extérieure.
Pour l’extérieur, la boîte de dérivation doit être étanche IP55 minimum, vissée sur un support stable, avec passage de câbles par presse-étoupes. Toutes les solutions extérieures conformes sont disponibles dans la catégorie éclairage extérieur détecteur.
Étape 2 — raccorder les sorties des 2 détecteurs sur le même fil de charge
Une fois les fils identifiés et marqués, le câblage se fait en boîte de dérivation. L’idée : créer trois nœuds (phase d’arrivée, neutre commun, sortie commutée commune) avec des bornes Wago ou des dominos sertis.
- Nœud Phase (L) : la phase d’arrivée du tableau entre dans une borne 4 entrées (ou un domino 5 ports). De cette borne partent : un fil vers le L du détecteur 1, un fil vers le L du détecteur 2. La phase n’est jamais reliée directement à la lampe — c’est ça toute l’astuce du détecteur.
- Nœud Neutre (N) : le neutre d’arrivée entre dans une borne 4 entrées. De cette borne partent : un fil vers le N du détecteur 1, un fil vers le N du détecteur 2, un fil vers le N de la lampe. Le neutre est commun à tout le monde, en permanence.
- Nœud Sortie charge (L’) : une borne 3 entrées reçoit la sortie L’ du détecteur 1, la sortie L’ du détecteur 2, et le fil qui part vers la borne phase de la lampe. C’est ce nœud qui réalise le OU logique : si l’un ou l’autre des détecteurs envoie la phase, la lampe s’allume.
- Terre : nœud terre commun, reliant l’arrivée terre du tableau à la lampe (et aux détecteurs s’ils sont en classe I, ce qui est rare — la plupart sont en classe II et n’ont pas de borne terre).
Vérifier à la fin que chaque conducteur est bien serré dans sa borne — un fil mal serti chauffe et carbonise la boîte. Sur les Wago 221, le levier doit revenir en position basse complète. Sur un domino vis, serrer ferme sans écraser le cuivre.
Refermer la boîte de dérivation. Remonter chaque détecteur sur son support, en respectant la hauteur de pose recommandée par le fabricant (généralement 2,2 à 2,5 m pour un détecteur PIR extérieur). Brancher la lampe.
Étape 3 — tests et réglages indépendants par détecteur
Réarmer le disjoncteur. Le premier test se fait toujours de jour si possible, pour voir les LED de signalisation des détecteurs sans gêne lumineuse.
Procédure de test :
- Masquer complètement le détecteur 2 avec un carton ou un sac opaque. Passer devant le détecteur 1 dans sa zone de détection. La lampe doit s’allumer après le délai de mise en route (1 à 3 secondes selon les modèles).
- Attendre que la lampe s’éteigne (la temporisation est réglée au minimum par défaut sur la molette « TIME », souvent 5 à 10 secondes). Démasquer le détecteur 2 et masquer le détecteur 1.
- Passer devant le détecteur 2. La lampe doit s’allumer. Si elle ne s’allume pas, vérifier que la sortie L’ du détecteur 2 a bien été raccordée au nœud commun et pas oubliée.
- Démasquer les deux détecteurs. Tester les deux zones successivement, puis simultanément.
Réglages des molettes (presque tous les détecteurs PIR en ont trois) :
- LUX : seuil d’éclairement ambiant en dessous duquel le détecteur déclenche. À régler au crépuscule pour qu’il ne déclenche pas en plein jour. Tourner progressivement de jour vers la position « soleil » jusqu’à ce que la lampe arrête de s’allumer même si on passe devant. Le soir, elle redémarrera dès que la luminosité ambiante passera sous le seuil.
- TIME : temporisation d’allumage après détection. Réglable de 5 secondes à 8 ou 10 minutes selon les modèles. Pour une allée, 30 secondes à 1 minute suffisent. Pour un garage où on s’arrête travailler, 3 à 5 minutes.
- SENS : sensibilité de détection. Sur les modèles qui en disposent, à baisser si le détecteur déclenche sur un chat ou un passage de voiture sur la route à 15 m.
Chaque détecteur garde ses propres réglages. C’est ce qui rend l’installation à 2 détecteurs intéressante : on peut avoir une zone « allée » avec temporisation courte et une zone « terrasse » avec temporisation longue, toutes deux pilotant la même lampe.
Limites — temporisation se cumule ou se chevauche selon les modèles
Le câblage en parallèle a une limite à connaître : les deux détecteurs travaillent en aveugle l’un de l’autre. Conséquences concrètes :
- Chevauchement de temporisation : si le détecteur 1 déclenche, la lampe s’allume pour 1 minute. À la 40e seconde, le détecteur 2 déclenche de son côté — il redémarre sa propre temporisation de 1 minute. La lampe restera allumée jusqu’à 1 min 40 s au total. Ce n’est pas un cumul brut, c’est un OU logique sur les sorties : la lampe est ON tant qu’au moins un des deux détecteurs maintient sa sortie active.
- Réflexion lumineuse parasite : certains détecteurs PIR bas de gamme se réveillent à cause de la variation thermique brutale de la lampe LED ou halogène qui s’allume. Si le détecteur 2 « voit » la lampe s’allumer (rayonnement IR de la lampe), il peut déclencher à son tour, ce qui prolonge artificiellement l’allumage. C’est rare avec des LED modernes (faible émission IR) mais possible avec un projecteur halogène 150 W. Solution : éloigner physiquement chaque détecteur de la lampe (au moins 1,5 m), ou orienter sa zone de détection à l’opposé du faisceau.
- Boucle d’allumage : si les zones de détection des deux capteurs se superposent ET captent la zone d’allumage de la lampe, on peut avoir un effet de boucle où le détecteur A allume, le détecteur B voit la chaleur et reclenche, etc. Voir la question dédiée dans la FAQ.
- Sortie triac et fuite : sur certains détecteurs avec sortie triac et lampes LED faible puissance, un courant résiduel de quelques mA peut maintenir la LED en faible luminescence même quand aucun détecteur ne déclenche. Solution : ajouter un condensateur « anti-glow » 100 nF / 400 V en parallèle sur la lampe, ou choisir un détecteur à sortie relais mécanique. Les détecteurs autonomes à sortie relais propre sont listés en détecteurs autonomes et alarmes.
- Charge maximale cumulée : chaque détecteur a une charge max indiquée sur sa fiche (typiquement 800 W incandescent, 200 W LED). En parallèle de sortie, c’est toujours le détecteur qui déclenche qui supporte la charge. La charge max applicable reste celle du plus faible des deux. Vérifier que les deux détecteurs supportent la puissance de la lampe installée.
Pour une installation 3 ou 4 détecteurs sur la même lampe, le principe est identique — on ajoute autant de sorties L’ en parallèle sur le nœud commun. Au-delà, mieux vaut passer par un relais externe ou un télérupteur avec entrées multiples pour garder la maîtrise du circuit.
Une installation à 2 détecteurs bien placés couvre 95 % des cas d’extérieur résidentiel. Pour les modèles compatibles parallèle et le matériel de câblage adapté, parcourez la boutique et filtrez par type de sortie « relais ».
Questions fréquentes
Quel câblage si les 2 détecteurs sont éloignés de plus de 5 mètres ?
Au-delà de 5 mètres entre les deux détecteurs, on ne fait pas le pont de phase et de neutre directement entre eux. On tire un câble depuis la boîte de dérivation principale (ou depuis le tableau si l’installation est neuve) vers chaque détecteur séparément, en 3G1,5 mm² minimum (phase + neutre + terre). La sortie L’ de chaque détecteur revient ensuite vers la boîte commune où s’effectue le nœud OU vers la lampe. Cette topologie « en étoile » évite les chutes de tension et facilite le dépannage : on peut isoler un détecteur sans toucher à l’autre. Au-delà de 30 m, vérifier la chute de tension avec la formule U = R × I — généralement négligeable pour une lampe LED, mais à recalculer pour un halogène ou un projecteur de forte puissance.
Faut-il une protection supplémentaire au tableau électrique ?
Pour un circuit lumière classique, un disjoncteur 10 A sur 1,5 mm² couvre déjà l’installation conformément à la NF C 15-100. Ajouter deux détecteurs ne change pas l’intensité de la lampe — c’est toujours la même charge qui est commutée. En revanche, si la lampe et les détecteurs sont en extérieur, vérifier que le circuit est protégé par un différentiel 30 mA en tête (obligatoire en France pour les circuits desservant l’extérieur). Si le circuit existant ne l’est pas, intercaler un disjoncteur différentiel 30 mA dédié au tableau. Aucun fusible ou disjoncteur supplémentaire n’est nécessaire entre les détecteurs et la lampe — la protection amont est suffisante.
Mes 2 détecteurs se déclenchent en boucle — comment casser la cascade ?
La boucle vient toujours d’un des trois facteurs suivants : (1) les zones de détection se chevauchent ET incluent la lampe, donc l’allumage de la lampe est interprété comme un mouvement par l’autre détecteur ; (2) un détecteur est orienté de façon à « voir » le faisceau lumineux ou la chaleur de l’autre détecteur ; (3) sortie triac avec fuite qui maintient artificiellement la lampe en faible luminescence et fausse la détection. Solution étape par étape : couper le détecteur 2 (le déconnecter physiquement). Vérifier que le détecteur 1 seul fonctionne normalement, sans cascade. Si oui, repositionner le détecteur 2 pour que sa zone de détection soit géométriquement séparée de celle du détecteur 1 et n’inclue pas la lampe dans son champ. Si la lampe est forcément dans le champ commun, baisser la sensibilité (molette SENS) et raccourcir la temporisation (TIME) sur les deux détecteurs. En dernier recours, masquer une partie de la lentille de chaque détecteur avec un bout de gaffer pour exclure la zone d’éclairement.