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Guide · 22 mai 2026

IP44, IP54, IP65, IP67 — quel indice choisir pour son détecteur de mouvement

IP44, IP54, IP65, IP67 : ce que chaque indice protège vraiment, et quel niveau choisir selon l’emplacement de votre détecteur de mouvement.

IP44, IP54, IP65, IP67 — quel indice choisir pour son détecteur de mouvement

Un détecteur de mouvement posé au mauvais endroit avec un indice IP sous-dimensionné rend l’âme en quelques mois : oxydation des contacts, eau qui s’infiltre dans le boîtier PIR, capteur qui déclenche sur les gouttes. À l’inverse, payer un IP67 pour un capteur posé dans un couloir intérieur n’apporte rien. L’indice IP (Ingress Protection, norme CEI 60529) sert exactement à ça : codifier ce contre quoi le boîtier protège son électronique. On décortique les quatre indices qu’on croise le plus souvent en éclairage extérieur et détection de mouvement résidentielle.

Ce que codifient les 2 chiffres après IP

Le code IP est suivi de deux chiffres. Premier chiffre = protection contre les corps solides (poussière, doigts, outils). Second chiffre = protection contre les liquides (gouttes, projections, jets, immersion). Plus le chiffre est élevé, plus la barrière est étanche.

Pour les corps solides, l’échelle va de 0 (aucune protection) à 6 (totalement étanche à la poussière). Les niveaux qu’on rencontre sur les détecteurs grand public :

  • 4 : protégé contre les corps solides ≥ 1 mm (fils, petits insectes).
  • 5 : protection partielle contre la poussière. Un peu peut pénétrer mais sans nuire au fonctionnement.
  • 6 : étanche à la poussière. Aucune particule ne rentre.

Pour les liquides, l’échelle va de 0 à 9. Les niveaux utiles pour un détecteur d’extérieur :

  • 4 : projections d’eau toutes directions, sans pression.
  • 5 : jet d’eau à la lance (6,3 mm de diamètre, 12,5 L/min).
  • 6 : jet d’eau puissant (12,5 mm, 100 L/min) — assimilable à une averse violente prolongée.
  • 7 : immersion temporaire jusqu’à 1 m de profondeur pendant 30 minutes.

Concrètement, un IP65 = poussière totalement bloquée + jet d’eau toléré. Un IP44 = corps de plus de 1 mm bloqués + projections sans pression OK, mais ni jet ni poussière fine. La logique : on lit les deux chiffres séparément, on ne les additionne pas.

IP44 — abrité sous auvent ou en intérieur humide

L’IP44 est l’indice plancher pour un usage extérieur, mais avec une restriction sérieuse : pas d’exposition directe à la pluie battante. Il tient les projections (gouttes obliques, éclaboussures), pas un orage qui frappe perpendiculairement la façade.

Cas où l’IP44 suffit :

  • Détecteur posé sous un auvent fermé sur 3 côtés (porte d’entrée couverte, terrasse couverte).
  • Plafonnier de garage non chauffé ou de cellier humide.
  • Détecteur intérieur de salle de bain (hors volumes 0 et 1, qui demandent davantage).
  • Coursive d’immeuble couverte, palier extérieur abrité.

Cas où l’IP44 est sous-dimensionné :

  • Façade exposée plein ouest sans casquette.
  • Pignon de maison sans débord de toit.
  • Bord de piscine, allée de jardin non couverte.

En pratique, un détecteur IP44 monté sans protection sur un mur exposé pluie+vent tient un à deux hivers avant que l’humidité ne pénètre la zone Fresnel ou le compartiment pile/borniers. Si vous hésitez, montez d’un cran à IP54 — la différence de prix est marginale.

IP54 — façade extérieure protégée des intempéries directes

IP54, c’est le standard de la majorité des détecteurs PIR muraux d’extérieur en gamme moyenne. Premier chiffre 5 = poussière contrôlée (un peu entre mais sans gêner le PIR ni la lentille de Fresnel). Second chiffre 4 = projections toutes directions tolérées.

L’IP54 couvre :

  • Façade sous léger débord de toit (30-50 cm) sur la majorité des orientations.
  • Murs de garage extérieurs, abris de jardin équipés d’avancée.
  • Détecteurs encastrés dans un éclairage mural avec joint d’étanchéité périphérique.

La limite de l’IP54 reste la pluie battante prolongée et le ruissellement direct. Si vous habitez en zone très exposée (façade maritime, montagne, vents dominants chargés), passez à IP65. Pour un usage urbain ou semi-urbain en façade abritée, l’IP54 fait le job sans surcoût injustifié.

Bon à savoir : la plupart des éclairages extérieurs à détecteur de mouvement entrée et milieu de gamme sortent en IP44 ou IP54. Lisez la fiche fabricant avant achat : certains affichent IP44 sur la coque, mais le compartiment pile à l’arrière n’est lui qu’IP44, ce qui devient le point faible.

IP65 — jet d’eau toléré, exposition pluie battante OK

L’IP65 marque un saut net : étanchéité totale à la poussière (premier chiffre passé à 6) et résistance à un jet d’eau (second chiffre à 5). En conditions réelles, ça veut dire qu’une averse forte, un nettoyage au tuyau d’arrosage à pression modérée ou un mur de pignon en plein vent ne posent pas de problème.

Les emplacements pour lesquels IP65 est le minimum recommandé :

  • Projecteur LED solaire monté sur pignon sans débord.
  • Lampe murale extérieure exposée plein ouest ou orientée vers une rafale dominante.
  • Allée de jardin, bord de piscine (hors zones 0/1/2 normées, qui ont leurs propres exigences).
  • Capteur PIR autonome sur portail ou clôture.
  • Toute installation que vous nettoyez régulièrement au jet (terrasses, façades en zone poussiéreuse).

Côté autonomie et fiabilité long terme, l’IP65 est aussi le seuil qu’on retrouve sur la quasi-totalité des projecteurs solaires sérieux. Un panneau photovoltaïque collé à un boîtier sous-IP65 vieillit mal : l’humidité finit par s’infiltrer sous la résine d’encapsulation et fait chuter le rendement de charge en quelques saisons.

Pour un parc d’éclairage extérieur durable, l’IP65 est le bon compromis prix/durabilité. Au-delà (IP66, IP67), on entre dans des usages spécifiques.

IP67 — immersion temporaire, utile pour les jardins inondables

IP67 = totalement étanche à la poussière + immersion temporaire jusqu’à 1 m pendant 30 minutes. Sur le papier, ça paraît surdimensionné pour un détecteur de mouvement résidentiel. En pratique, il y a quelques contextes où ça se justifie.

Cas d’usage IP67 :

  • Borne d’allée basse (10-30 cm du sol) potentiellement submergée par ruissellement après orage.
  • Détecteur sol installé sur terrasse en bois ou autour d’une piscine où l’eau stagne ponctuellement.
  • Jardin en pente ou en zone inondable.
  • Bornes solaires de marquage d’allée, capteurs PIR au sol.
  • Spots encastrés dans terrasse extérieure ou margelle.

Limite à connaître : IP67 valide une immersion temporaire. Ce n’est pas une protection contre une immersion permanente, qui relève d’IP68. Pour un bassin, fontaine ou éclairage sous-marin, IP67 n’est pas le bon indice — il faut un IP68 spécifié explicitement pour la profondeur visée.

Autre point : IP67 ne dit rien de la résistance aux jets d’eau à haute pression. Étonnamment, un IP67 peut être moins étanche qu’un IP65 face à un jet direct sous pression, parce que les essais d’immersion et les essais de jet sollicitent le boîtier différemment. Si vous avez les deux contraintes (jet ET immersion), cherchez un produit double-certifié IP66/IP67 ou IP65/IP67.

Tableau récapitulatif — quel IP pour quel emplacement

Synthèse par emplacement type, à recouper avec votre exposition réelle (vent dominant, débord de toit, présence d’eau de ruissellement) :

  • Intérieur sec (couloir, palier, cellier sec) : IP20 suffit. Inutile de payer plus.
  • Intérieur humide (cuisine ouverte, buanderie, salle de bain hors volumes 0/1) : IP44 minimum.
  • Garage non chauffé, cave, abri de jardin fermé : IP44.
  • Sous auvent couvert ou marquise : IP44 à IP54 selon la profondeur d’abri.
  • Façade extérieure avec débord de toit ≥ 30 cm : IP54.
  • Pignon, façade exposée, mur sans casquette : IP65.
  • Projecteur solaire en plein champ : IP65 minimum, IP66 idéal.
  • Borne d’allée, capteur au sol, bord de piscine hors volumes normés : IP65 minimum, IP67 recommandé.
  • Zone inondable, terrasse en bois exposée stagnation : IP67.
  • Immersion permanente (bassin, fontaine, sous-marin) : IP68 spécifié.

Une lecture pragmatique : pour la grande majorité des particuliers en zone tempérée non maritime, IP54 couvre les façades abritées et IP65 couvre tout le reste. IP67 reste un complément pour les configurations exposées au sol ou au ruissellement.

Pour aller plus loin sur les critères de choix complets (portée PIR, angle, autonomie, sensibilité crépusculaire), consultez notre guide complet détecteurs de mouvement. Pour les modèles autonomes à piles ou batterie, voyez la sélection détecteurs autonomes et alarmes.

Questions fréquentes

Un détecteur IP44 peut-il être posé sous abri de jardin sans porte ?

Oui, à condition que l’abri ait un toit débordant et que le mur de fixation soit protégé des projections directes par les côtés. Si l’abri est ouvert d’un côté face au vent dominant, la pluie poussée par les rafales peut atteindre le détecteur — dans ce cas, IP54 est plus sûr. À vérifier au cas par cas selon l’orientation.

Vaut-il toujours mieux prendre IP65 ?

Non. IP65 implique souvent un boîtier plus massif, une lentille de Fresnel plus épaisse (potentiellement moins sensible aux mouvements lents à distance), et un prix plus élevé. Pour un détecteur posé en intérieur ou sous auvent fermé, IP65 n’apporte rien et coûte plus cher. Dimensionnez selon l’exposition réelle, pas par principe.

L’indice IP s’altère-t-il avec le temps ?

Oui. Les joints en élastomère sèchent et durcissent (typiquement après 5-10 ans selon exposition UV et amplitude thermique). Une vis de boîtier mal serrée après un changement de pile peut suffire à dégrader l’étanchéité. Les chocs (coups de tondeuse sur une borne basse, gel répété) fissurent les boîtiers PC ou ABS. Un détecteur classé IP65 d’origine peut tomber à un équivalent IP44 effectif après quelques années si l’entretien est négligé.

L’indice IP couvre-t-il les UV et le gel ?

Non. IP ne code que poussière et eau. La tenue aux UV (jaunissement des plastiques, fragilisation), au gel et aux écarts thermiques relève d’autres critères (matériau du boîtier, plage de température de fonctionnement). Cherchez la mention de la plage de service sur la fiche fabricant : un détecteur d’extérieur sérieux affiche au minimum -20 °C à +50 °C.

Quelle différence entre IP65 et IP66 ?

Le premier chiffre est identique (6 = étanche poussière). Le second passe de 5 à 6 : on tolère un jet d’eau plus puissant (100 L/min contre 12,5 L/min). En pratique résidentielle, peu de cas d’usage justifient IP66 si IP65 est tenu. IP66 prend du sens en bord de mer (embruns), zone industrielle ou pour des installations nettoyées régulièrement à haute pression.

Choisir le bon indice IP, c’est avant tout regarder l’exposition réelle de l’emplacement et ne pas payer pour ce qui ne servira pas — ni économiser sur ce qui finira par lâcher dans deux hivers. Pour parcourir notre sélection par usage et par IP, direction la boutique.

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